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Connaissons-nous vraiment la vitamine C ?

« Les méfaits de la carence en vitamine C sont innombrables, mais on doit cependant se souvenir que cette carence est endémique dans toutes les civilisations et particulièrement méconnue dans les pays qui se disent civilisés. »

Dr. Hugh Riordan
Fondateur de la clinique Riordan 1
Etat du Kansas - USA

La thèse et le livre du biochimiste Irwin Stone

Serions-nous tous carencés en vitamine C sans le savoir ? C’est la thèse avancée dans les années cinquante par un biochimiste américain, le professeur Irwin Stone. Une thèse selon laquelle nos besoins en vitamine C sont sévèrement sous-estimés. Contrairement à la quasi- totalité des animaux qui synthétisent la vitamine C, l’être humain a perdu cette capacité durant l’évolution l’obligeant ainsi à la trouver dans son alimentation.

Contacté par Irwin Stone, le professeur Albert Szent-Györgyi qui n’est autre que le scientifique qui a découvert la vitamine C, vérifiera et reconnaitra la validité de la thèse avancée. Un autre grand scientifique contacté, le professeur Linus Pauling, seul détenteur à ce jour de deux prix Nobel individuels, confirmera à son tour les observations scientifiques soutenant que la prise quotidienne de vitamine C, à des doses plus importantes que les recommandations nutritionnelles, pouvait avoir des effets favorables pour la santé. Les deux prix Nobel préfaceront le livre du professeur Irwin Stone qui place la vitamine C au cœur des mécanismes biochimiques qui conditionnent la santé humaine. En dépit de la caution de ces deux éminents scientifiques, le livre ne connait pas le succès escompté.

« Vitamine C et le rhume »

Le livre du double prix Nobel Linus Pauling

Linus Pauling et son épouse ont commencé à prendre trois grammes de vitamine C par jour. Très vite, ils ressentent une sensation plus forte de bien-être, mais surtout ils constatent la disparation des rhumes, eux qui en attrapaient régulièrement. Et c’est l’envie de partager ces étonnants effets positifs, et de « rendre service aux gens », pour reprendre les termes de

Linus Pauling, qu’il fondera en 1969 l’Institut de la Médecine Orthomoléculaire, qui se consacre à l’étude du lien nutrition-santé. Linus Pauling plonge dans la littérature scientifique et va écrire quelques années plus tard un livre qui popularisera les effets positifs d’une supplémentation en vitamine C.

Son livre « Vitamin C and the common cold » qui s’appuie sur des observations cliniques solides, devient un best-seller. En 1972, il obtient le prix du meilleur livre de vulgarisation scientifique.

Bien qu’il connaisse un grand succès, la corporation médicale se froisse et voit d’un mauvais œil l’incursion de Linus Pauling dans le pré carré de la médecine. Linus Pauling, disent-ils, n’est pas médecin mais chimiste. Un rejet catégorique qui prendra parfois des formes agressives, qui verront Linus Pauling être traité de charlatan, lui, qui reste à ce jour le seul homme détenteur de deux prix Nobel non partagés.

Linus Pauling est profondément surpris et attristé par l’accueil négatif d’une partie du corps médical. Tous cependant ne rejettent pas ses observations puisqu’il est rejoint par plusieurs milliers de médecins américains, mais aussi du monde entier, qui observent les mêmes effets positifs obtenus par la supplémentation quotidienne en vitamine C. Ayant des difficultés à se faire publier, ils s’organisent autour de l’ISOM, une société savante, et décident de créer sa revue scientifique, le Journal de la médecine Orthomoléculaire. Ce journal leur permet de faire connaitre les résultats de leurs études cliniques et expérimentales. Linus Pauling découvrira que des doses élevées de vitamine C sont aussi utiles pour traiter les maladies cardiovasculaires, virales, et bactériennes.

Le médecin Frederick Robert Klenner

Pionnier de la vitamine C à hautes doses

En 1948, l’Etat américain de Caroline du Nord est touché de plein fouet par une épidémie de poliomyélite. Le Dr Klenner administrera pendant quelques jours de la vitamine C aux soixante cas de poliomyélite qui se présentent à lui. Ils guériront tous en quelques jours et sans aucune séquelle.

Ces résultats spectaculaires seront publiés en 1949 dans le Journal de la Médecine et de la Chirurgie du Sud. Grâce à cette publication, d’autres médecins vont découvrir et recourir à ce traitement pour soigner des patients atteints de poliomyélite. Cependant, ceux qui utiliseront des doses inférieures aux doses utilisées par le Dr. Klenner n’obtiendront pas de guérisons, tandis que ceux qui utiliseront des doses identiques ou supérieures les obtiendront. Le Dr Klenner recevra de très nombreuses lettres des USA et du Canada corroborant ses résultats.

Malheureusement, les autorités américaines ne prêteront pas attention à ce traitement curatif efficace et peu coûteux, préférant favoriser la recherche d’un vaccin. De 1948 à 1974, le Dr. Frederick Klenner continuera à utiliser la vitamine C orale et intraveineuse à la façon d’un antibiotique dira-t-il. Il affinera et adaptera son traitement à chacune des pathologies auxquelles il fait face, tant en termes de doses que de fréquences.

Durant cette période il publiera au total 28 articles scientifiques rendant compte des guérisons obtenues sur un grand nombre de pathologies (pneumonie, rougeole, méningite, grippe…). Il y détaillera minutieusement les doses et les fréquences utilisées qui permettront à d’autres médecins de reproduire ses résultats.

Les autorités médicales

Les autorités médicales ignorent le développement de cette pratique qui a largement dépassé les frontières des États-Unis. Elle a d’ailleurs suscité de nombreuses polémiques parce qu’il est difficile pour l’ensemble du corps médical d’admettre qu’une molécule aussi simple, la vitamine C, puisse être aussi efficace quand elle est prise à des quantités adéquates.

Les études scientifiques, qui ont été menées, démontraient tantôt l’efficacité de cette molécule, tantôt l’absence d’efficacité. Les médecins regroupés autour de la Société Internationale de Médecine Orthomoléculaire vont expliquer que pour obtenir un résultat les doses et les fréquences doivent être adaptées à chaque cas en raison de l’individualité biochimique. Des cas de contre-indications vont aussi être identifiées et touchent les personnes porteuses de l’hémochromatose (excès de fer), de favisme (déficit en G6PD), et/ou ayant des calculs rénaux.

La vitamine C fait l’objet de très nombreuses études, notamment pour son effet anti- cancéreux défendu par la médecine orthomoléculaire. Les récentes études, comme celle publiée en Avril 2018 par un Centre de Cancérologie américain, vont d’ailleurs dans ce sens et appellent à être démultipliées pour mieux comprendre le mécanisme anticancéreux de la vitamine C, et l’usage qu’il pourrait en être fait en tenant compte de l’individualité biochimique. A l’instar de la clinique américaine Riordan, il existe aujourd’hui de nombreuses cliniques de cancérologie qui ont associé la vitamine C à la chimio/radiothérapie. La clinique Riordan dispose de la plus grande base de données scientifiques à ce sujet puisqu’elle a traité plus de 20 000 patients atteints de cancer. Le recul et les résultats montrent une réduction des effets secondaires des traitements conventionnels, mais aussi un bien meilleur confort de vie et taux de survie.

Et les apports journaliers recommandés ?

Le docteur Balz Frei, ancien directeur de l’Institut Linus Pauling spécialisé dans la recherche et l’étude du lien nutrition-santé depuis maintenant plus de 40 ans, estime que nos besoins de vitamine C sont au moins de 400mg/jour/adulte et propose de relever les apports journaliers recommandés à 200mg minimum contre 110mg/jour/adulte. On est bien loin des doses recommandées de Linus Pauling qui sont de trois grammes jour/adulte, mais il semble qu’on en prenne le chemin. En attendant de voir les autorités médicales statuer, nous vous recommandons de suivre les AJR et de vous complémenter en vitamine C à hauteur de 250 mg/jour qui est la dose maximum autorisée en France.